Langue:   nl | fr | en | de
Adhésion

Lettre ouverte au Président Juncker - 2015, mars 3

Lettre ouverte au Président Juncker

LETTRE OUVERTE A L'ATTENTION DU PRESIDENT JUNCKER

 

Monsieur le Président,

En ce début d’année 2015, le syndicat SFE souhaite à son tour vous communiquer ses impressions. La mise en place de la nouvelle Commission est perçue comme une lueur d’espoir par une grande majorité du personnel. Nous voulons  vous faire part de notre volonté et de notre disponibilité à faire en sorte que la Commission et les institutions européennes redeviennent des employeurs soucieux du bien-être de leur personnel,  afin de pouvoir contribuer sereinement à notre objectif commun.

Néanmoins, nous sommes extrêmement préoccupés par l’absence de dialogue social et par la manière dont sont gérées les ressources humaines à la Commission Européenne.

Les grèves au Grand-Duché de Luxembourg ont permis de dénoncer la politique de dumping social menée par la Commission depuis de nombreuses années, mais aussi le scandale que représente le salaire des agents contractuels du groupe de fonction 1, qui est inférieur au minimum légal luxembourgeois. Ceci est un élément parmi d’autres, mais le problème va bien au-delà.

Dans votre discours devant le Parlement Européen, le 15 juillet 2014, vous aviez déclaré :

« Je serai le Président du dialogue social »

Nous nous en réjouissons, et nous formons le vœux que votre déclaration s’applique non seulement aux partenaires sociaux dans les Etats membres, mais aussi au dialogue social à l’Intérieur des institutions européennes et tout particulièrement à la Commission. La situation actuelle est dramatique. Il semble que tout soit mis en œuvre pour décourager le personnel et affaiblir les organisations syndicales. Le simulacre de dialogue social que nous connaissons depuis 10 ans est en effet indigne du modèle des démocraties parlementaires d’Europe occidentale et contraire à l’esprit de la Charte des droits fondamentaux.

Plutôt que d’exporter leur modèle démocratique et leur modèle social, il semble que les  institutions européennes aient importé une forme d’autoritarisme, associé à un ultralibéralisme enragé.

L’Euro bashing fait recette dans tous les medias, et le plus souvent,  sans faire l’objet de démentis.

En 2013 déjà, les déclarations du Vice-président Timmermans, alors ministre des affaires étrangères aux Pays-Bas,  reprises dans le journal De Volkskrant-NL du 02 septembre 2014, avaient de quoi surprendre:

«Les  salaires de l’UE ne sont plus de ce temps. Les Institutions européennes doivent mieux prester, avec moins de personnes et moins d’argent »[1]  (…) Il faut que le personnel de la Commission soit utilisé différemment, et que l’Institution arrête de s’occuper de petites choses sans importance pour se consacrer aux dossiers importants.».

Plus récemment, c’est la Commissaire Bienkowska qui a choqué le personnel:

[The European Commission’s bureaucracy is a] “huge apparatus where officials work for many, many years. This administration reminds me more of the old stale Polish administration from the 1990s…Many things take significantly longer than in Poland and I want things done very quickly. The Pope's words about the dehumanized Europe in these buildings and corridors now feel very true ".

La rage destructrice dont ont fait preuve certains états membres au cours des négociations sur la réforme du statut, en 2012 et 2013 laissent une Commission affaiblie et un personnel totalement démotivé. Mais tout ce qui affaiblit les institutions européennes affaiblit l’Union européenne toute entière, et encourage les replis nationalistes. Or, le nationalisme, c’est la guerre !

La crise ukrainienne nous démontre chaque jour la nécessité d’une Europe forte. Les tragiques événements de Paris et de Copenhague ont quant à eux rappelé la fragilité de la démocratie et de la liberté d’expression. C’est à présent la situation en Grèce qui est préoccupante. L’Union européenne et ses Institutions sont en danger. Plus encore, se sont nos modèles démocratiques qui sont menacés.

Notre devoir est de sauver cette Institution des griffes des eurosceptiques. Le démantèlement sournois des Institutions européennes doit cesser. L’alibi budgétaire constamment invoqué par certains représentants des états membres ne constitue pas un motif légitime pour justifier l’anéantissement du projet européen. Peut-être faudrait-il rappeler à ceux qui tentent d’étrangler les Institutions européennes par ce biais,  que la fraude fiscale dans l’UE, toutes tendances confondues, représente plus de mille milliards d’euro par an, soit entre 6 et 7 fois le budget communautaire.

La composition du nouveau Parlement Européen n’est guère rassurante, puisque plus de 250 députés se revendiquent du camp des « eurosceptiques ». Certains parlent même de « détruire de l’intérieur ».Nous espérons de votre part un signal fort, qui mettra fin à l’hostilité d’une partie de l’administration et du Collège envers le personnel et ses représentants, en rétablissant un véritable dialogue social.

La réhabilitation de l’image des institutions européennes auprès des Etats membres et des citoyens européens est une priorité pour le projet européen lui-même.

Nous sommes prêts à vous y aider ! Nous sommes prêts pour un nouveau départ.

 

Le Comité exécutif du SFE.


[1] In een brief aan de Tweede Kamer vorig jaar noemde Timmermans de EU-salarissen 'niet meer van deze tijd'. De EU-instellingen moesten beter presteren met minder mensen voor minder geld. Afgelopen jaren zijn de salarissen van de EU-ambtenaren bevroren en geldt een strikt aannamebeleid. Het kabinet hamerde afgelopen tijd niet alleen op soberheid in Brussel, maar vindt ook dat de mankracht bij de EU anders moet worden ingezet. De EU moet zich volgens Rutte niet 'met dingetjes' bezighouden maar met grote zaken.


 

Retour
Webdesign Sanmax